SAINT RICHARD
Évêque de Chichester
(1197-1253)
Saint
Richard naquit en Angleterre. Ses parents occupaient alors un rang
élevé et jouissaient d'une belle fortune; mais ils tombèrent dans une
misère si profonde, qu'après leur mort, leur fils aîné fut longtemps
retenu en prison pour dettes. Richard, son frère, travailla
généreusement à sa délivrance; mais il s'appauvrit lui-même au point
d'être obligé de gagner sa vie comme valet de ferme.
Bientôt
il put aller à Paris continuer les bonnes études qu'il avait déjà
faites dans sa jeunesse. Il se lia d'amitié avec deux amis choisis,
aussi pauvres que lui; ils n'avaient qu'un manteau à tous les trois et
se voyaient obligés de n'aller prendre leurs leçons que l'un après
l'autre. Leur nourriture était plus que frugale, un peu de pain et de
vin leur suffisait, et ils ne mangeaient de chair ou de poisson que le
dimanche. Cependant Richard assura depuis que ce fut là pour lui le
beau temps, tant il était absorbé par la passion de l'étude. Ses succès
furent prompts et remarquables, si bien qu'à son retour en Angleterre
il professa fort brillamment à l'Université d'Oxford.
Quelques
années plus tard, sa modestie, sa chasteté, sa douceur et sa dévotion
lui attirèrent le respect et l'amour de tout le monde; il fut élu
chancelier de l'Université. Nommé ensuite évêque de Chichester, il eut
à subir quelques temps les vexations du roi Henri III, en guerre avec
Rome, mais il rétablit la paix par ses prières et ses procédés de
conciliation.
Devenu désormais libre dans l'exercice
de son ministère, il se fit remarquer par sa grande condescendance pour
les petits et par sa miséricorde pour les pauvres. Comme on lui disait
que ses dépenses excédaient ses revenus: \"Il vaut mieux, dit-il,
vendre son cheval et sa vaisselle d'argent que de laisser souffrir les
pauvres, membres de Jésus-Christ.\"
Un jour,
distribuant du pain, il en eut assez pour contenter trois mille
pauvres, et il lui en resta pour cent autres qui survinrent après. Ces
multiplications merveilleuses se renouvelèrent plusieurs fois. Il
honorait les religieux et les embrassait souvent: \"Qu'il est bon,
disait-il, de baiser les lèvres qui exhalent l'encens des saintes
prières offertes au Seigneur!\"
Il mourut en baisant le Crucifix et en invoquant Marie contre les ennemis du salut.