SAINT MICHEL GARICOÏTS
Fondateur des Prêtres du Sacré-Coeur de Jésus de Bétharram
(1797-1863)
Saint
Michel Garicoïts naquit à Ibarre, village basque situé sur les
contreforts des Pyrénées. Le petit Michel grandit en gardant les
troupeaux. Ses parents, demeurés inviolablement fidèles à leur foi
pendant la Révolution, cachaient dans leur maison les prêtres
persécutés.
Devenir prêtre était le plus grand désir de
Michel. Il parvint à son but grâce à la générosité d'un chanoine qui
pourvut aux frais de ses études. Il fut ordonné prêtre le 20 décembre
1823.
Le jour où il sortit du grand Séminaire de Dax, on
disait autour de lui qu'il était «un saint non plus à faire, mais tout
fait.» Pourtant, lui-même disait souvent: «Si le bon Dieu ne m'avait
pris, quel scélérat j'aurais été!»
Bien que Michel
Garicoïts ne fut âgé que de vingt-huit ans, l'évêque de Bayonne le
nomma directeur spirituel de la maison-mère des Soeurs de la Croix à
Igon, localité voisine de Cambo. Durant trente-sept ans, il consacra
les forces de son coeur et de son esprit à prêcher et à confesser
quotidiennement ces religieuses et leurs novices.
En
1825, Michel Garicoïts est désigné pour le séminaire de Bétharram où il
professe la philosophie et remplit les fonctions de directeur des
consciences, de prédicateur, d'économe, et celle de supérieur dont il
aura le titre officiel en 1831.
La France était encore
bouleversée par la Révolution et l'idée de relever la situation prenait
chaque jour plus de force dans le coeur du jeune abbé. Il forme alors
le projet de fonder une société de prêtres s'engageant à accourir
partout où la tâche serait la plus rude et la plus urgente. A
trente-cinq ans, appuyé par les prières et les conseils de sainte
Elizabeth Bichier des Ages, saint Michel Garicoïts fonde sa
congrégation de Prêtres Auxiliaires pour les missions et l'éducation de
la jeunesse dans le diocèse.
Les épreuves s'avèrent très
rudes, car ceux qui devaient le soutenir ne le comprennent pas. Saint
Michel Garicoïts en souffrit jusqu'à sa mort, mais sa patience et sa
bonté eurent finalement raison de toutes les difficultés.
Sa
doctrine spirituelle est condensée en quelques maximes brèves et
saisissantes: "Dieu tout! moi rien! -- Mon Dieu, me voici sans retard,
sans réserve, sans retour, par amour!» Ce saint fondateur doit la
prospérité spirituelle de son oeuvre à sa vie de sacrifice et de
constante immolation.
La veille de sa mort, le Saint
vaquait encore à son ministère. La nuit du 13 mai 1863 une crise subite
le terrassa. Il reçut les derniers sacrements et expira le lendemain en
murmurant le premier verset du Miserere. Le souverain pontife Pie XI le
béatifia le 15 mars 1923. Saint Michel Garicoïts avait communiqué un
tel élan à ses disciples que son institut a essaimé partout à travers
l'Europe, l'Amérique du Sud, jusqu'en Palestine et même en Chine.