SAINT CYPRIEN
Évêque et martyr
(+ 258)
Saint
Cyprien né à Carthage, dans le paganisme, était fils d'un sénateur. Son
éducation, digne de son rang, fit briller l'heureux génie don il était
doué. Il était tout entier aux idées de gloire et de plaisir, quand un
prêtre chrétien, homme de haute distinction, nommé Cécilius, rechercha
sa compagnie, dans le but d'attacher à la foi chrétienne un jeune homme
de si grand mérite. Cyprien eut vite l'esprit convaincu par les sages
raisonnements de Cécilius; mais son coeur frémissait à la pensée du
détachement exigé par l'Évangile. Comment lui, Cyprien, élevé dans les
honneurs, objet de l'admiration universelle, lui libre d'aspirer à
toutes les jouissances et à tous les triomphes, pourrait-il rompre ses
chaînes et subjuguer ses passions?... Le combat était rude en son âme;
sa conscience lui criait sans cesse: "Courage, Cyprien! Quoi qu'il en
coûte, allons à Dieu!" Il obéit enfin à cette voix, et reçut le baptême.
Dès
lors Cyprien devint un autre homme; la grâce lui rendit tout facile, et
l'accomplissement de l'Évangile lui parut clairement être la vraie
sagesse. Il vendit ses vastes et belles propriétés et en donna le prix
aux pauvres; son mérite l'éleva en peu de temps au sacerdoce et à
l'épiscopat. La population chrétienne de Carthage tressaillit de joie
en apprenant l'élévation de Cyprien au siège épiscopal de cette ville;
elle comprit qu'au moment où la persécution allait s'élever, menaçante
et terrible, le nouvel évêque serait un modèle et un guide. Le saint
pontife employa tout son zèle à fortifier son troupeau pour les saints
combats, il glorifia les martyrs et montra une juste sévérité vis-à-vis
des apostats.
Les païens, voyant de quelle importance
serait pour eux la prise de celui qui était l'âme de la résistance
chrétienne, recherchèrent le pasteur pour désorganiser plus facilement
le troupeau; mais Cyprien, voyant combien sa vie était utile aux âmes
confiées à ses soins, trouva une retraite sûre, d'où il remplit
admirablement son devoir apostolique par ses lettres, ses exhortations,
l'administration des sacrements. Enfin, après plusieurs années, il eut
révélation de son prochain martyre et s'y prépara par un redoublement
de zèle et de charité. Cyprien fut condamné à avoir la tête tranchée:
"Je Vous rends grâces, Seigneur," s'écria-t-il. Comme le bourreau
tremblait, le martyr l'encouragea avec bonté et lui fit remettre
vingt-cinq pièces d'or; puis il se banda lui-même les yeux et présenta
sa tête, qui roula bientôt sur le sol baigné de sang. Ses écrits
l'égalent aux Pères et aux Docteurs de l'Église.