SAINT MARC et SAINT MARCELLIEN
Martyrs
(286)
Marc
et Marcellien étaient frères et issus d'une des premières familles de
Rome. Ils furent convertis à la foi dès leur jeunesse. Arrêtés sous
l'empereur Dioclétien, on les jeta dans une prison; après quelques
interrogatoires qui démontrèrent leur fermeté dans la foi, Chromace,
préfet de la ville, les condamna à avoir la tête tranchée, après un
délai de trente jours. Les deux frères furent alors transportés dans la
maison de Nicostrate, greffier du préfet et leur gardien.
Tranquillin,
leur père, Marcie, leur mère, leurs femmes et leurs jeunes enfants
vinrent tour à tour se jeter à leurs pieds, les arroser de larmes, et
leur adresser les paroles les plus capables de toucher leur coeur. Les
généreux martyrs, attendris par ce spectacle si touchant, commençaient
à joindre leurs larmes à celles de leurs parents, de leurs femmes et de
leurs enfants, et il y avait à craindre que l'amour ne fît faillir ceux
que les supplices avaient trouvés invincibles.
Saint
Sébastien, capitaine de la première compagnie des gardes de l'empereur,
toujours vigilant à soutenir le courage des martyrs, ne craignit pas de
s'exposer lui-même à la mort en rappelant aux deux frères les saints
enseignements de la foi, les espérances immortelles de l'autre vie, les
châtiments des apostats. Ses paroles ranimèrent la générosité des deux
martyrs; elle opérèrent même un changement dans le coeur de tous ceux
qui étaient présents.
Sébastien ayant rendu à Zoé,
femme du greffier Nicostrate, l'usage de la parole, qu'elle avait perdu
depuis six ans, ce changement devint une complète conversion. Zoé,
Nicostrate, Tranquillin, Marcie, les épouses et les enfants des deux
martyrs, bientôt le préfet Chromace lui-même, reçurent le saint baptême
et versèrent leur sang pour la foi.
Quant à Marc et
Marcellien, ils comparurent devant un nouveau juge, qui, après avoir
employé inutilement toutes les flatteries et toutes les menaces pour
les ébranler, les fit clouer à un poteau, où ils demeurèrent
vingt-quatre heures, louant et bénissant Dieu. Après un jour et une
nuit, encore pleins de vie et témoignant toujours la même joie et le
même courage, ils furent percés à coups de lance.