SAINT GUILLAUME de VERCEIL
Fondateur de la Congrégation des Ermites
( 1142)
Ancienne
et fameuse ville de Lombardie, Verceil servit de berceau à saint
Guillaume. Illustres par la noblesse de leur sang, son père et sa mère
étaient encore plus respectables par la sainteté de leur vie. Guillaume
perdit ses parents dès son enfance et vécut sous la conduite d'un de
ses parents qui prit grand soin de son éducation.
A
quinze ans, le pieux adolescent résolut de mener une vie pénitente et
entreprit le pèlerinage de St-Jacques de Compostelle, en Galice, comme
on nommait alors l'Espagne. Il voyageait les pieds nus, revêtu d'un
simple habit de pèlerin. Durant ce long voyage, Guillaume souffrit la
faim, la soif, avec toutes sortes d'incommodités. Son amour de la
mortification lui inspira cependant de faire confectionner deux cercles
de fer qu'il appliqua sur sa chair nue.
Dieu révéla au
jeune pénitent qu'Il l'appelait à la vie solitaire dans laquelle il
pratiquerait la vertu avec plus de perfection. Obéissant à cette
céleste inspiration, Guillaume de Verceil quitta son pays afin de
trouver moins d'obstacle à son projet. Il se retira au royaume de
Naples, sur une montagne déserte où il pratiqua des abstinences et des
austérités presque incroyables.
Saint Guillaume ne jouit
pas longtemps de cette douce solitude, car une foule de personnes
attirées par sa réputation de sainteté et le désir de recevoir ses
instructions, se mirent à le visiter fréquemment. Plusieurs prêtres
séculiers ravis de ses entretiens spirituels le supplièrent de les
admettre au nombre de ses disciples. En l'an 1119, sous le pontificat
de Calixte II, saint Guillaume de Verceil commença donc l'établissement
de la Congrégation, dite du Mont-Vierge.
Animés par les
ardentes exhortations de leur saint fondateur, les nouveaux religieux
embrassèrent la pratique de la vertu avec une ferveur indescriptible.
Vivant dans une parfaite concorde, ils avançaient à grands pas dans le
chemin de la perfection, lorsque le démon excita en eux un esprit de
murmure contre saint Guillaume, à cause de l'austérité des Règles qu'il
leur prescrivait.
Comme l'esprit de critique et de
rébellion animait de plus en plus ses religieux, le Saint jugea que sa
présence leur devenait plutôt désavantageuse qu'utile et décida de se
retirer. Après avoir quitté le Mont-Vierge, saint Guillaume fonda
plusieurs monastères tant d'hommes que de femmes, en divers endroits du
royaume de Naples. Ainsi, la sourde persécution fomentée contre le
saint fondateur, servit à étendre davantage le nouvel Ordre qu'il avait
institué.
Le but de son institut consistait
principalement et avant tout, dans l'exercice d'une vie pénitente et
mortifiée. C'est pourquoi il interdit à ses enfants spirituels l'usage
du vin, de la viande et de toutes sortes de laitage. Il ordonna aussi
que ses religieux mangeraient des herbes crues avec un peu de pain
pendant trois jours de la semaine.
Roger Ier, roi de
Naples, désirait vivement s'entretenir avec saint Guillaume de Verceil;
il le fit donc venir à sa cour. Sa conversation tout angélique l'édifia
tellement qu'il ordonna de bâtir un couvent de son Ordre à Salerne,
juste en face de son palais, afin de pouvoir jouir plus souvent de ses
célestes entretiens et de ses sages avis. Saint Guillaume profita de
son influence pour porter le roi à la pratique de la vertu et lui
rappeler ses importants devoirs. Il exhortait les grands seigneurs de
la même façon, tâchant de leur inspirer l'horreur du péché et l'amour
de la piété.
Comme la dévotion trouve des ennemis
partout, quelques courtisans persuadèrent le roi Roger d'éprouver la
vertu du Saint, qui n'était selon eux, que pure hypocrisie. On chargea
une courtisane de le solliciter au mal et de le faire tomber dans le
péché. Saint Guillaume feignit d'abord d'acquiescer à ses honteuses
propositions et la pria de revenir vers le soir. La courtisane se
félicitait de sa réussite, mais lorsqu'elle retourna chez le Saint,
elle resta fort perplexe en le voyant se coucher sur un lit de charbons
ardents tout en l'invitant à faire de même.
Ce prodige
bouleversa tellement cette misérable femme, que fondant en larmes, elle
demanda pardon au serviteur de Dieu en se prosternant jusqu'à terre.
D'infâme pécheresse, elle devint abbesse d'un couvent de religieuses
fondée par saint Guillaume, à Venosa. Elle est connue sous le nom de la
bienheureuse Agnès de Venosa.
Saint Guillaume de Verceil
apprit par révélation qu'il irait bientôt recevoir la récompense de ses
travaux. Il en avertit le roi et lui recommanda la pratique des
instructions données. Pour mieux se préparer à son prochain départ pour
le ciel, il se retira au monastère de Guglieto. Lorsque l'heureux jour
arriva, saint Guillaume se fit transporter à l'église, et là, couché
sur la terre nue, il exhorta ses religieux à la persévérance et rendit
paisiblement son âme à Dieu. Son corps fut inhumé dans l'église où il
exhala son dernier soupir. Depuis ce temps, cette église a changé son
nom de St-Sauveur, pour celui de St-Guillaume.