SAINT LADISLAS
Roi de Hongrie
(1031-1095)
Saint
Ladislas fut appelé au trône de Hongrie, l'an 1080, par la libre
volonté du peuple. Bien différent de la plupart des puissants de ce
monde, qui n'aspirent qu'aux grandeurs passagères, Ladislas ne
recherchait que la vraie grandeur, celle que l'on acquiert par la
vertu. Dès sa jeunesse il était admiré de tout le monde pour sa
chasteté, sa modestie, sa piété, sa tendresse envers les pauvres.
Il
n'avait pas seulement l'âme d'un Saint, mais toutes les qualités d'un
roi. Nul, dans toute la Hongrie, n'était de taille plus grande ni de
port plus majestueux que lui; les fatigues de la guerre, les graves
occupations de la paix lui convenaient également. Il recevait tout le
monde avec la plus grande affabilité, et les moindres de ses sujets
pouvaient en confiance venir lui réclamer justice; ses jugements
équitables, semblables à ceux d'un père plutôt que d'un maître, étaient
agréés de tous; aussi la voix publique lui donna-t-elle le beau nom de
Pieux.
La vie de Ladislas en son palais était fort
austère; sa table, il est vrai, était royalement servie, mais il n'y
prenait que ce qui lui était nécessaire; il jeûnait même souvent, se
refusait l'usage du vin, couchait sur la dure, mortifiait son corps et,
par ces moyens, triomphait des périls que courent les rois au milieu de
l'éclat et de la mollesse des cours.
Ennemi des
amusements frivoles, il donnait tout son temps aux exercices de piété
et aux devoirs de son état, ne se proposant en tout que la plus grande
gloire de Dieu. La religion était tout pour lui; fort conciliant quand
il s'agissait de sa personne, il ignorait les demi-mesures quand il
s'agissait de maintenir les droits de l'Église ou de défendre son pays.
Pas un pauvre ne sortait de son palais sans avoir reçu quelque
soulagement à sa misère: chaque genre de besoin trouvait près de lui un
secours assuré.
Les églises magnifiques qu'il fit
construire sont un nouveau témoignage de la religion de ce grand prince
et de son zèle à favoriser le développement du culte chrétien chez un
peuple encore à demi barbare et à demi païen. Du reste, Ladislas ne se
contentait pas de travailler à la conversion des autres, il était le
modèle de tous, une sorte de loi vivante, qui enseignait à chacun ses
devoirs. Son palais était si édifiant, qu'on n'y entendait ni
jurements, ni paroles inconvenantes; les jeûnes y étaient fidèlement
observés; en un mot, on eût dit moins une cour royale qu'une maison
religieuse.
Ladislas avait été choisi pour commander en chef la première croisade, quand Dieu l'appela à Lui, le 30 juillet 1095.