SAINT PIERRE NOLASQUE
(1189-1256)
Saint
Pierre Nolasque naquit d'une illustre famille, près de Carcassonne, en
France, à la fin du XIIe siècle. Il excella, toute sa vie, dans la
pratique de la charité à l'égard du prochain. On raconte qu'en présage
de cette vertu, lorsqu'il était encore au berceau, un essaim d'abeilles
vint construire un rayon de miel dans sa main droite. Dès son
adolescence il perdit ses parents.
L'hérésie des
Albigeois ravageait alors le Midi de la France. Pour s'y soustraire, il
vendit son patrimoine, et se retira en Espagne, où il était appelé par
le roi Jacques d'Aragon. Il se rendit ensuite à Barcelone, et y
consacra toute sa fortune au rachat des captifs enlevés sur mer par les
Sarrasins. Mais le sacrifice de ses biens ne suffisait pas à sa
charité. Il voulait encore se vendre lui-même pour délivrer ses frères
et se charger de leurs chaînes. Dieu lui fit connaître combien ce désir
Lui était agréable. Une nuit qu'il priait en songeant à la délivrance
des captifs, la Sainte Vierge lui apparut et lui recommanda d'établir,
en Son honneur, un Ordre religieux consacré à cette oeuvre de charité.
Il s'empressa d'obéir à cet avertissement céleste, d'autant plus que le
roi et Raymond de Pennafort avaient reçu en même temps la même
révélation.
Il fonda l'Ordre de Notre-Dame de la Merci
pour la Rédemption des Captifs. Le caractère particulier de cet Ordre,
c'est qu'il joignait aux trois voeux ordinaires de Religion un
quatrième voeu: celui de se livrer en gage aux païens, s'il en était
besoin, pour la délivrance des chrétiens.
A cet
exemple héroïque de charité il joignait celui de toutes les vertus.
Favorisé du don de prophétie, il prédit au roi d'Aragon la conquête du
royaume de Valence sur les Maures. Il était soutenu par de fréquentes
apparitions de son Ange Gardien et de la Vierge Mère de Dieu.
Enfin,
accablé par l'âge, le travail et la pénitence, il reçut l'avertissement
de sa mort prochaine. Lorsqu'on lui eut administré les derniers
sacrements, il exhorta encore ses frères à la charité envers les
captifs. Puis, en disant ces paroles: "Le Seigneur a envoyé la
Rédemption à Son peuple," il rendit son âme à Dieu, au milieu de la
nuit de Noël, l'an 1256.