
Le Jeudi saint est un des jours les plus importants de la Semaine
sainte : il correspond à la commémoration de la dernière Cène (au
Cénacle) suivie de la nuit d'agonie du Christ au Jardin des Oliviers
(Gethsémani).
Outre ce mémorial, c'est le Jeudi saint qu'est normalement célébrée
la Messe chrismale, pendant laquelle l'évêque bénit et consacre les
Saintes Huiles. Dans certains diocèses, cette célébration est un peu
anticipée. A Rome, cette célébration a lieu dans la basilique
Saint-Jean-de-Latran, cathédrale de Rome et du monde.
Le Jeudi saint est un jour de fête, qui commémore l'institution de
l'Eucharistie par Jésus-Christ lors du repas pascal au Cénacle. Pendant
la célébration de ce jour, on lit l'évangile du lavement des pieds, et
le célébrant refait le geste de Jésus en lavant les pieds de quelques
personnes de l'assemblée. Cette messe est la dernière qui soit célébrée
avant la Veillée pascale du Samedi saint. C'est aussi la dernière fois
que retentissent les cloches, pendant le gloria, avant la sonnerie de
l'alléluia de Pâques.
Après le repas pascal, Jésus et ses apôtres se sont retirés à
Gethsémani pour y bivouaquer, comme à l'habitude. Cette nuit fut
cependant pour le Christ une nuit de prière et d'agonie - au cours de
laquelle le Christ accepta le "calice" de sa Passion. La célébration
liturgique du Jeudi saint se termine par une procession, pendant
laquelle la réserve eucharistique (les hosties consacrées) est amenée
dans un endroit spécialement aménagé, le reposoir. Une veillée y est
souvent organisée, et les fidèles peuvent s'y recueillir et adorer le
Christ dans une nuit de veille.
Le triduum pascal est un ensemble de trois jours (en latin
triduum) qui marquent l'aboutissement de la Semaine Sainte et le sommet
de l'année liturgique : c'est la célébration du mystère de Pâques, avec
:
- la mort et la mise au tombeau de Jésus-Christ (le Vendredi saint),
- la descente du Christ aux Enfers durant le "Grand sabbat" du Samedi saint,
- la nouvelle de la Résurrection, nouvelle Pâque, durant la nuit du
samedi au dimanche (Vigile pascale), où surgit la lumière de Pâques,
l'alléluia du Dimanche de Pâques, avec les messes de l'aube et du jour.
Le triduum pascal est l'articulation entre les quarante jours de
préparation pénitentielle du Carême et les cinquante jours du temps
pascal, jusqu'à la Pentecôte (dont quarante jours jusqu'à l'Ascension).
Au début du triduum pascal, l'aspect pénitentiel du Carême est
encore souligné : non seulement on ne chante pas l'alléluia, mais les
églises sont dépouillées, les clochers silencieux et, surtout, on ne
célèbre pas le sacrifice de la messe.
Ensuite, à partir de la nuit du Samedi saint, c'est tout le
contraire : lumière dans la nuit, sonnerie des cloches, alléluia
omniprésent. Après le temps de l'abstinence et du jeûne vient celui de
la fête.
C'est au pape Pie XII que l'on doit la restauration de la liturgie
du triduum pascal dans son ancienne grandeur et à des heures et dans
une atmosphère correspondant à celles du mystère, dans la liturgie
latine (notamment, la vigile pascale), dans le même esprit qui avait
été gardé dans les liturgies orientales.
Pour les catéchumènes, le Carême correspond à la fin du temps de
préparation et le triduum pascal correspond aux rites d'initiation,
d'entrée dans l'Eglise. C'est encore le moment où les catéchumènes
adultes reçoivent les sacrements du baptême, de la confirmation puis de
l'eucharistie, après une liturgie de la lumière et de la parole.