Saint Fidèle de Sigmaringen (1578-1622)
Martyr, avocat alsacien puis prédicateur.
(1577-1622)
Saint
Fidèle naquit à Sigmaringen, petite ville d'Allemagne voisine de la
Suisse. Son éducation fut soignée, même brillante, et ses vertus
étaient si appréciées de ses condisciples, qu'ils l'appelaient le
Philosophe chrétien. Dès lors il s'approchait souvent des sacrements,
visitait et soignait les malades dans les hôpitaux et passait des
heures entières au pied des autels, dans une intime conversation avec
Jésus-Christ.
Il exerça plusieurs années la profession
d'avocat à Colmar, en Alsace, et s'y fit remarquer par sa loyauté, sa
haine du mensonge et la sagesse de ses plaidoyers; il mérita le surnom
d'Avocat des pauvres.
Bientôt pourtant la Lumière
divine lui fit comprendre qu'il était difficile d'être en même temps
riche avocat et bon chrétien: aussi il quitta sans hésiter le monde, où
il eût fait bonne figure, pour se retirer chez les Capucins de
Fribourg; il y prit l'habit en 1612, à l'âge de trente-cinq ans.
Les
premières années de sa vie religieuse, d'abord remplies de
consolations, furent bientôt éprouvées par de rudes et persistantes
tentations de doutes sur sa vocation. Des doutes, il eut la prudence de
les confier au guide de son âme, qui le rassura et lui dit de prier
Dieu avec ferveur pour connaître Sa Volonté définitive. Dieu lui rendit
dès lors la force et la paix; il fit vendre tous ses biens, dont il
distribua le prix en bonnes oeuvres, et dépouillé de tout, il se
réjouit d'être désormais un véritable enfant de saint François. Il se
félicitait souvent depuis de l'heureux échange qu'il avait fait avec
Dieu: "J'ai rendu, disait-il, les biens de la terre, et Dieu me donne
en retour le royaume du Ciel!"
Fidèle ajoutait aux
mortifications de la règle bien d'autres mortifications. Les meubles
les plus pauvres, les habits les plus usés étaient l'objet de son
ambition; les haires, les cilices, les ceintures armées de pointes de
fer, les disciplines, suppléaient au martyre après lequel il soupirait;
l'Avent, le Carême, les vigiles, il ne vivait que de pain, d'eau et de
fruits secs: "Quel malheur, disait-il, si je combattais mollement sous
ce Chef couronné d'épines!"
Lorsqu'il fut devenu
prêtre, ses supérieurs l'envoyèrent prêcher, et ses succès furent tels,
que la congrégation de la Propagande le choisit pour aller évangéliser
les Frisons, envahis par le protestantisme.
Son zèle
fut celui d'un apôtre, sa vie sainte et austère était une prédication
si éloquente, qu'elle convertit beaucoup plus d'âmes que les sermons et
les raisonnements. Parmi des sectaires furieux, il était chaque jour
exposé à la mort. Le martyre vint enfin couronner ses voeux et ses
mérites. Plusieurs protestants, par trahison, s'emparèrent un jour de
lui, et le transpercèrent à coups de poignards.