SAINTE MARIE-EUPHRASIE PELLETIER
fondatrice de l'Institut des Soeurs du Bon-Pasteur d'Angers
(1796-1868)
Sainte
Marie-Euphrasie Pelletier était la fille d'un médecin bienfaisant; elle
naquit le 31 juillet 1796 dans la petite île de Noir-moutiers, sur la
côte de Vendée.
Pendant qu'elle était au pensionnat à
Tours, elle connut le "Couvent du Refuge" où de jeunes femmes, qui
n'avaient pas su diriger leur vie et étaient sorties du droit chemin,
étaient reconquises pour Jésus-Christ, le Bon Pasteur, par des
religieuses vêtues de blanc. Elle entra dans cette maison et en fut la
supérieure à 29 ans.
Elle était si accoutumée à voir
toutes choses dans la lumière de Dieu, et elle avait aussi une telle
intuition de l'oeuvre de Dieu dans les âmes, qu'elle eut le courage,
surmontant la résistance bien compréhensible de sa maison, de réunir en
communauté religieuse à l'intérieur du couvent ces filles et ces femmes
du Refuge, auxquelles beaucoup avait été pardonné et qui ne cherchaient
plus maintenant qu'à aimer Dieu.
Ces pénitentes ou
Madeleines vivent selon la règle des Carmélites sous la direction d'une
des religieuses. En 1829, l'évêque d'Angers demanda au couvent de Tours
des religieuses pour une maison d'éducation destinée à des jeunes
filles moralement égarées. La jeune supérieure accepta la fondation et
y fut bientôt envoyée elle-même pour surmonter les difficultés qui
n'étaient pas petites au début.
Elle avait dit un
jour: "Dieu m'a donné une double tâche: développer l'oeuvre des
repenties et éveiller des vocations religieuses". Vers elle accoururent
des troupes de jeunes filles. Mère Marie-Euphrasie débutait alors la
réalisation de ce que le Seigneur lui avait montré un jour dans la
prière au moyen de l'image d'une ruche d'où s'envolent de nombreux
essaims.
L'oeuvre appelée à prendre une si
extraordinaire expansion ne devait pas se faire sans la souffrance mais
la force de la supporter lui fut donnée par la grâce de Celui qui, au
commencement de ces épreuves, lui avait dit: "Attends, tais-toi, prie,
souffre et espère." Ces mots devinrent sa devise.
"Notre
institut, disait-elle, ne doit connaître que la voie de l'amour." Cet
amour lui gagna les coeurs des "enfants" et des "mères", qu'elle réunit
en si grandes troupes pour le bien des âmes qu'il dut être fondé des
Provinces avec leurs propres maisons-mères et leurs propres noviciats.
A
sa mort, l'association comptait 2,760 membres, 962 Madeleines, 14,755
élèves et enfants, réparties en 110 maisons et en 16 provinces
religieuses. L'intrépide fondatrice mourut du cancer le 24 avril 1868.
Mère Marie-Euphrasie Pelletier a été canonisée le jour de l'Ascension
1940 par sa Sainteté Pie XII.
W. Schamoni, Le Vrai Visage des Saints, Desclée de Brouwer, p. 281-282